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L'édito de Marc TATILLON, créateur d'évolution professionnelle à Neo Sphere.Marc Tatillon

Les Organismes de Formation attendaient ce moment avec impatience, il est enfin venu.

La Ministre Muriel Pénicaud a présenté ce vendredi 27 avril 2018 en conseil des Ministres, son projet de loi joliment intitulé « Liberté de choisir son avenir professionnel ». Comme prévu, le texte comporte trois volets, l’indemnisation du chômage, l’emploi et le très attendu chapitre sur la réforme de la formation professionnelle.

Alors, le big-bang annoncé est-il au rendez-vous ?

La réponse est plutôt oui. Voyons comment ce tsunami va se matérialiser dans le quotidien des Organismes de Formation (OF), du moins pour ce que l’on sait à ce jour, en attendant la publication des décrets précisant les modalités d’application des 25 articles consacrés au sujet.

La Ministre avait précédemment exposé le cadre de sa réforme et nous en avions saisi les grandes lignes. Simplification côté État, avec une réduction du nombre des acteurs de la formation professionnelle, notamment grâce à la création d’un organisme central « France Compétences », en charge pour l’essentiel de gérer l’argent et la qualité. Disparition des OPCA et autres OPACIF au profit d’une poignée d’organismes paritaires, les « Opérateurs de compétences », organisés maintenant plutôt par filières que par branches professionnelles et chargés d’adapter l’offre de formation aux besoins opérationnels des entreprises. Ils assurent aussi une bonne part de l’orientation des apprenants et du contrôle des prestataires de formation.

Citons également, la simplification de la collecte auprès des entreprises, confiée maintenant aux URSSAF et la mission d’organisme payeur, dévolue à la Caisse des Dépôts et Consignation. N’oublions pas l’apparition prochaine d’une application dédiée au CPF, qui redonnera de l’autonomie au participant et permettra d’évaluer en live les dispensateurs de formations ; sans omettre la valorisation en Euros des droits acquis et le rôle renforcé des Conseillers en Evolution Professionnelle. Ainsi, l’Etat reprend la main sur les contenus, les publics visés, les formateurs et les finances.

Mais ceci n’explique pas ce qui va impacter directement les Organismes de Formation et conditionner maintenant nos stratégies. Essayons modestement de lire entre les lignes en recherchant ce que cette réforme change dans l’esprit, pour tenter de deviner ce que sera la formation professionnelle de demain. Posons-nous cette question : que veut l’Etat ?

L’Etat veut former « utile ».

Ceci implique un ciblage des publics les plus en nécessité d’être formés. Demandeurs d’emplois, faibles niveaux de compétences, séniors ; mais également dans les entreprises, toutes celles et ceux qui doivent s’adapter aux évolutions de leurs métiers, sauver leurs emplois ou se reconvertir. L’opérationnalité est incontournable, les contenus seront désormais concrets, comme par exemple le coaching en situation de travail, qui devient éligible aux financements.

Pour nous, Organismes de Formation, c’est surement la fin des formations parking, ou des cursus vaseux qui dispensent des contenus intellectuellement satisfaisants, mais peu utiles à l’emploi. A nous d’orienter nos modules vers les besoins concrets des cibles qui nous sont désignées.

L’Etat veut former « plus » et « moins cher ».

Cette volonté impacte à la fois les dispositifs en place et la façon de faire. Première victime, le CIF voit son budget global considérablement réduit et ses conditions d’accès se durcir. Si le CIF CDI est encore décrit comme un outil de reconversion, le CIF CDD semble être passé à la trappe, en tous cas sous sa forme actuelle. Il faudra encore attendre les décrets pour savoir de quelle manière des dotations spécifiques permettront encore la mise en œuvre de ces dispositifs et … à quel prix.

Les modalités d’actions vont aussi évoluer et la réforme fait maintenant la part belle au distenciel, intégralement assimilé à du présentiel, notamment dans ses conditions de financement. En parallèle, la modularisation des parcours devient la norme, avec un positionnement systématique de l’apprenant en amont, pour éviter les longs financements inutiles de cursus redondants.

Pour nous OF, qui financions en grande partie nos entreprises grâce à la générosité du CIF, la clé n’est plus loin d’être mise sous le paillasson. Comment compenser la perte (même partielle) de cette manne ? Pourrons-nous financer les coûteux portages de nos contenus, sous une forme digitale complexe ? Et dans l’esprit, saurons-nous dire adieu aux longs parcours dispensés en salle ?

A nous de rebondir sur les nouveaux modes de financements disponibles, d’adapter et de moderniser notre offre, de réorganiser nos structures et de regarder vers les TPE et PME qui bénéficient maintenant de la solidarité des grandes entreprises. Une nouvelle péréquation financière qui favorise la proximité et l’action locale utile.

L’Etat veut de la qualité.

France compétences comme les Opérateurs de compétences seront en charge de garantir la qualité des formations financées, tant au niveau des contenus que du contrôle des organismes dispensateurs.

La certification des parcours est plus que jamais remise à l’honneur et semble-t-il, il sera de plus en plus aléatoire de vouloir faire financer des cursus non certifiants ou non qualifiants. En compensation, l’Etat simplifie le référencement des titres et autres CQP au RNCP et permet à chaque dispensateur de devenir certificateur, sur les contenus qu’il a créés. Une opportunité à saisir.

Coté OF, une nouvelle certification va donc apparaitre, qui sera confiée à des opérateurs accrédités. Après le numéro de formateur, l’inscription parfois longue et couteuse au Datadock, les nombreuses contraintes déjà imposées (par la DIRECCTE par exemple) aux organismes déjà certificateurs, quelles nouvelles acrobaties allons-nous devoir effectuer ?

De nombreuses questions subsistent. Cette nouvelle labellisation concernera-t-elle le présentiel, le distenciel ou les deux mon général ? Les très chers tampons déjà obtenus par de nombreux OF auprès de certificateurs accrédités, seront-ils encore valables ou au moins, pris en compte ?

A nous OF de comprendre que l’assainissement et la normalisation du monde de la formation professionnelle, passe inévitablement par un durcissement et une harmonisation des critères qualitatifs. Il faudra être discipliné, rigoureux et créatif, c’est une question de survie.

L’Etat veut aller vite.

Emmanuel Macron est égal à lui-même : les choses doivent bouger et bouger vite. Vous pouvez continuer à faire du CIF jusqu’à la fin de cette année, ou du moins à essayer d’en faire en fonction des budgets disponibles (déjà en réduction drastique). En septembre de cette année, l’essentiel de la réforme sera déjà applicable et courant 2019, elle deviendra opérationnelle dans sa quasi-totalité.

Amis OF, si vous attendiez paisiblement assis derrière votre bureau de formateur que les évènements vous secouent, allez-y vite, c’est fait. A nous d’être réactifs, agiles, motivés et encore une fois, innovants.

L’Etat veut-il moins d’OF ?

Interrogée longuement par Michel Apathie sur ce sujet, Muriel Pénicaud s’en était tirée par une non réponse. Non, l’Etat ne souhaite pas la mort des Organisme de Formation mais lorgne néanmoins sur les 14.000 organismes allemands, en comparaison des 88.000 français. Un monde nous sépare, alors soyons cash.

Oui, les OF sont en danger et beaucoup vont probablement disparaître. Ceux qui ne sont pas rodés aux processus de certifications risquent d’aller très mal, très vite. Les gros bateaux peu manœuvrables seront à la peine, tout comme les structures trop petites qui ne pourront encaisser un tel changement. Oui, s’adapter va coûter cher et les entreprises dont la trésorerie est déjà fragilisée ne pourront surement pas mobiliser le trésor de guerre indispensable. Il va falloir mettre en place une veille hautement vigilante pour coller au mieux aux dispositions à venir et disposer en interne de ressources porteuses de multiples compétences. Il ne suffit pas de vouloir, il faudra aussi pouvoir réorienter sa stratégie, développer du e-learning séduisant (et pas que du PDF en ligne), puis créer à grands coups de neurones chèrement payés, des contenus innovants et certifiants.

Amis OF, il va falloir se regrouper. Vivre ou mourir est un choix, concentrer ou être concentré, devient le passage obligé pour faire évoluer nos structures. Je peux en témoigner, de nombreux confrères ont senti la nécessité de générer des rapprochements, l’obligation de mutualiser les moyens ou de s’abriter sous l’aile d’un autre, qui aurait mieux anticipé.

Il faut élargir notre vision et nos actions, s’ouvrir à l’alternance comme au digital, à l’innovation comme aux partenariats avec l’étranger. Comme le disent les bouddhistes, il faut savoir accompagner ce que l’on ne peut pas empêcher.

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